Ce protéger contres divers éléments

Contre les effets mécaniques

La conception la plus efficace contre les effets mécaniques d’une explosion nucléaire, (principalement le souffle), est de placer l’abri en dessous de la surface du sol. Quelques mètres de profondeur suffisent amplement à se protéger des effets mécaniques. L’épaisseur des murs, du sol, et du plafond doit être importante, à plus forte raison si l’abri n’est pas situé sous la surface du sol. Si ce n’est pas le cas, la meilleure solution est de recouvrir l’abri de terre, en créant un dôme qui soit le plus étalé possible, pour éviter les surfaces trop verticales

L’entrée de l’abri doit être étudiée pour ne pas être encombrée par des débris résultant d’une explosion, qui auraient pour conséquence d’empêcher la sortie des occupants. Lorsque l’entrée présente un risque d’encombrement, il est important de prévoir une issue de secours

Un abri antiatomique doit être équipé d’une porte capable de résister au souffle si elle y est exposée. Pour le minimiser, l’entrée peut être conçue de façon à le briser, avec un ou plusieurs angles droits. Une porte située après un angle droit est moins exposée aux effets mécaniques d’une explosion.

Les abris les plus élaborés sont équipés de systèmes antisismiques afin d’absorber les secousses dues à l’explosion

Les ouvertures d’un abri antiatomique sont réduites au strict minimum, lorsqu’elles sont indispensables (pour la ventilation), elles doivent pouvoir être fermées temporairement avant et pendant le passage de l’onde de choc. Celle-ci va créer une importante surpression puis une dépression qui touchera l’intérieur de l’abri si ses ouvertures ne sont pas protégées. Ces effets peuvent avoir de graves conséquences, comme la perforation des tympans.

 

Contre les rayonnements

Pour se protéger des rayonnements, il faut le plus de matière dense possible entre les personnes à protéger et l’extérieur. Si quelques centimètres sous la surface du sol permettent une protection suffisante contre le souffle, ce n’est pas forcément le cas contre les rayonnements. Plus un abri est enterré profondément, et plus il protège des rayonnements. L’épaisseur des parois doit également être importante

 

Contre les particules radioactives

Contre les particules radioactives, et plus généralement contre une atmosphère contaminée, un abri antiatomique doit être équipé d’un système de filtration d’air. Un tel système peut être présenté ainsi :

Un conduit débouchant sur l’extérieur de l’abri aspire l’air extérieur vers l’intérieur, à l’aide d’une ventilation dimensionnée selon le volume de l’abri. Avant que l’air ne pénètre dans l’abri, il doit être filtré. Généralement les filtres à charbon activé sont utilisés.

Un ou plusieurs autres conduits qui débouchent aussi sur l’extérieur servent à évacuer l’air vicié, sont placés si possible à l’opposé du ou des conduits qui filtrent l’air entrant, afin de permettre une bonne circulation de l’air intérieur.

Si la ventilation est bien dimensionnée, il n’est pas nécessaire de fermer hermétiquement l’abri. Une légère surpression à l’intérieur empêche l’air d’entrer autrement que par le conduit de filtration. Pour cette même raison il n’est pas forcément nécessaire d’équiper le conduit d’extraction de ventilateur. Toutefois, plus un abri est cloisonné et hermétiquement fermé, et meilleure est la protection contre les particules radioactives.

Les conduits d’aération, aussi bien d’aspiration que d’évacuation de l’air ne doivent pas déboucher dans des endroits inondables. S’il y a un risque, il faut que les conduits soient suffisamment hauts pour que l’eau ne s’y engouffre pas et ne pénètre pas dans l’abri. Le conduit d’aspiration doit être situé dans un endroit dégagé, afin qu’il ne soit pas bouché par des débris, ou exposé à de la fumée pendant trop longtemps. Même si le système est filtrant, si le conduit aspire principalement de la fumée, l’oxygène sera insuffisant.

Un bon système d’aération est vital. Si l’air n’est pas renouvelé, les occupants de l’abri manqueront d’oxygène et l’air sera trop chargé en dioxyde de carbone. Un abri fermé hermétiquement et sans système d’aération ne peut être utilisé que durant une courte période, qui dépend du volume de l’abri et du nombre d’occupants. Dans tous les cas il est préférable d’avoir un détecteur de CO2 dans l’abri afin de réduire les risques d’accidents. La flamme d’une bougie est aussi un bon indicateur. Lorsqu’elle s’éteint, c’est que l’air ambiant manque d’oxygène. 

Contre l’hiver nucléaire

La principale conséquence d’un hiver nucléaire est une importante baisse des températures résultant d’une importante baisse des rayonnements solaires sur les surfaces géographiques touchées. Ces effets peuvent durer plusieurs mois, seuls les abris antiatomiques conçus pour une utilisation à moyen et à long terme permettent d’y faire face. Les abris souterrains offrent la meilleure protection contre les variations de température. Le sous-sol est le meilleur régulateur, il assure une température constante en toute saison. Si l’abri n’est pas souterrain, alors il faut que ses parois soient les plus épaisses possible, et/ou qu’elles soient recouvertes de terre pour assurer une bonne protection thermique. Dans tous les cas, un abri antiatomique à moyen ou à long terme doit être équipé d’un moyen de chauffage.  Si l’abri n’est pas équipé d’un système de ventilation adapté, il faut éviter les chauffages par combustion car ils consomment l’oxygène de l’abri et rejettent du CO2.